Le progrès social et environnemental c’est possible et urgent !

La pandémie du Covid-19 frappe l’ensemble de la planète sans distinction de nationalité, d’origine ethnique ou sociale. Elle met en évidence les fractures entre les citoyens et les peuples (économique, sociale, environnementale, sanitaire, numérique…).

Cette crise sanitaire donne à voir l’échec du mode de développement capitaliste fondé sur l’exploitation de l’être humain et de la nature. Les inégalités sociales et sanitaires sont plus que jamais évidentes et ce sont les populations les plus pauvres qui subissent de plein fouet les conséquences de cette pandémie. Selon l’ONG Oxfam, ce sont près de 500 millions de personnes supplémentaires qui vont basculer dans la pauvreté avec la crise – soit un retour en arrière de dix ans.

Dans notre pays, le président de la République et le gouvernement ont fait régulièrement appel à l’unité nationale au nom de la lutte contre le virus. Le président a souvent fait référence à une situation de guerre pour justifier cette unité, en mémoire à d’autres pages de l’histoire de notre pays. Cet appel à l’unité nationale a un double objectif.

D’abord, une volonté de masquer les conséquences d’années de politiques d’austérité sur notre système de santé, et simultanément de détourner l’attention de la population des hésitations et défaillances du pouvoir dans la gestion de cette crise, en tentant de rendre responsables et donc de culpabiliser les citoyens. Cette position du gouvernement pourrait se résumer dans cette double et incohérente consigne : « restez chez vous pour protéger » et en même temps « allez au travail ». Cette volonté de préserver d’abord les intérêts du capital a des conséquences graves sur de nombreux travailleurs et travailleuses contraints de continuer à travailler sans protections indispensables. Cela se traduit par des contaminations et des décès dont le pouvoir et le patronat refusent de porter la responsabilité.

Le second objectif est de préparer l’opinion publique à de nouveaux sacrifices sociaux au nom de la reprise économique, comme en témoigne la publication d’ordonnances dérogatoires au Code du travail pour porter à 60 heures la durée hebdomadaire du temps de travail et ce jusqu’à la fin de l’année 2020. Bon nombre d’entreprises ou de branches se saisissent de l’opportunité pour imposer des accords dérogatoires souvent illégaux. Pas question pour le pouvoir en place d’avoir une quelconque autocritique des décennies de politiques d’austérité, de suppressions d’emplois comme dans le secteur public et la santé ou de casse des droits sociaux ou de la protection sociale. Et pourtant, si la France possède encore des « amortisseurs sociaux » qui atténuent les effets de la crise sur les citoyens et le monde du travail par rapport à des pays comme les USA, sont également mis en évidence les nombreux reculs sociaux que nous subissons depuis des années et que la CGT n’a cessé de combattre.

La CGT a toujours été force de propositions. C’est à partir de celles-ci – que nous portons parfois depuis longtemps – que nous avons construit ce document pour un avenir différent. Un avenir pour réaffirmer que le travail n’est pas une marchandise, que la voix de celles et ceux qui travaillent doit être écoutée et entendue à partir de ce qu’ils créent, ce qu’ils fabriquent. Redonner du sens au travail, au collectif, tout en ayant des droits pour vivre dignement.

Si des ruptures doivent se faire au niveau national, elles doivent également l’être au niveau européen et mondial. C’est pourquoi nous voulons oeuvrer avec d’autres organisations syndicales dans le monde pour mondialiser le progrès social en donnant un caractère contraignant aux normes internationales et donner plus de pouvoirs aux organismes internationaux (OIT et OMS notamment) dont c’est la mission initiale.

Il est temps que de nombreuses voix s’élèvent pour dire « plus jamais ça ». La CGT, porteuse d’un autre projet de société respectueux de l’humain et de l’environnement, veut et doit y contribuer.

 

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